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Gestion patrimoniale des réseaux d’eau potable

lundi 6 juin 2016


La gestion patrimoniale des réseaux est désormais un enjeu majeur pour les collectivités et les services d’eau potable. Dans le souci d’un développement plus durable, les services doivent être en mesure de fournir une prestation de qualité aux usagers, tout en optimisant les coûts et en réduisant l’impact des réseaux sur l’environnement.

L’état du réseau d’eau potable

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Recherche de fuites

Le réseau d’eau potable en France représente 900 000 km de canalisations et concerne 99 % de la population. Le réseau français est vieillissant, la moitié a plus de 40 ans, il est peu efficace, les pertes sont estimées à 20 %. Par ailleurs, il bénéficie d’un faible taux de renouvellement de 0.6% du linéaire par an. Ces chiffres indiquent qu’une nouvelle stratégie de gestion est à mettre en place.

Cette stratégie de gestion patrimoniale s’entrevoit sur le long terme avec un principe de base : la performance. En effet, les réseaux subissent une dégradation lente et souvent inaperçue. Il y a une forte pression sur une ressource vitale, limitée et vulnérable.
Les services d’eau potable doivent donc mettre en place une stratégie efficace pour atteindre l’objectif de performance. Cette stratégie consiste à prévoir, anticiper, organiser. Elle implique une excellente connaissance des infrastructures des réseaux et de leur environnement afin d’identifier les zones les plus vulnérables et prioritaires. Il est également nécessaire de centraliser puis partager l’information et la mise en place d’indicateurs pour faciliter la surveillance des réseaux devient indispensable. Cette nouvelle forme de gestion implique aussi la prise en compte des risques inhérents à ce type d’infrastructures.
Par ailleurs les acteurs de l’eau potable doivent réfléchir à une stratégie d’optimisation du renouvellement des canalisations encadrées par de nouvelles méthodologies et s’appuyant sur des outils renouvelés comme les systèmes d’information. Ces investissements nécessaires contribueront à la future maîtrise des coûts.

Qu’est-ce qu’un réseau performant ?

Un réseau performant d’eau potable distribue une eau de qualité équivalente à l’ensemble des usagers, assure la continuité de la distribution, tout en limitant son impact environnemental.

Qualité de l’eau

Une eau de qualité doit être consommable par la population à la sortie du robinet. Il est possible que le réseau nuise à la qualité de l’eau. Ces causes structurelles et/ou fonctionnelles doivent être traitées par les différents procédés disponibles (renouvellement, réhabilitation, maillage, etc.) pour s’inscrire dans une gestion patrimoniale des réseaux. Le suivi de la qualité est primordiale et possible grâce particulièrement à la mise en place d’indicateurs comme « la conformité microbiologique de l’eau » et « la conformité physico-chimique de l’eau ».

Continuité du service

L’eau potable doit être disponible pour tous les abonnés et plus particulièrement pour les plus vulnérables (milieux hospitaliers et médicalisés).

Impact environnemental

Les réseaux peuvent subir des pertes en eau, ce qui accentue la pression sur une ressource déjà fragile. Il peut s’agir de fuites liées à la vétusté, au manque d’entretien ou à des prélèvements illégaux. Des opérations régulières de maintenance et des investissements pour le renouvellement des réseaux doivent se généraliser.
Parallèlement, ces pertes entrainent un surplus de consommation électrique puisque qu’elles nécessitent d’être préalablement pompées. La gestion patrimoniale des réseaux d’eau potable implique également la gestion des risques.

Des risques à prendre en compte ?

Divers types de risques sont à prendre en compte : l’interruption du service aux abonnés vulnérables, les inondations entrainant des gênes à la circulation et aux activités économiques et commerciales, les dégâts aux tiers, les problèmes de fonctionnement hydraulique du réseau, etc.

La possibilité d’occurrence de ces phénomènes constitue des problèmes transversaux. Ainsi les services d’eau potable ne peuvent être les seuls à prendre en compte ces éventuelles difficultés. En effet, les services en charge de l’assainissement, de la gestion des risques, de la GEMAPI ou par exemple de l’urbanisme peuvent être associés pour une gestion intégrée.

Des investissements importants ?

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Pose de canalisation

Les actions d’exploitation, de maintenance, ainsi que le renouvellement et l’optimisation du réseau représentent des investissements importants. S’ils peuvent paraitre lourds à court terme ils sont pourtant essentiels sur le long terme pour permettre une réduction des coûts finaux.

La question de l’amortissement du réseau et la gestion des immobilisations sont également à prendre en compte. Cette question a fait l’objet d’un document détaillé produit par l’ASTEE-AITF en 2013.

La gestion patrimoniale des réseaux d’eau potable reprend des principes logiques d’optimisation et de gestion intégrée du patrimoine et de l’environnement. Les structures compétentes doivent être en mesure d’adapter cette nouvelle forme de gestion à leur contexte territorial, et définir le cas échéant des axes prioritaires afin que les actions soient les plus bénéfiques possibles dans un contexte plus large de développement durable. D’autre part une attention particulière doit être apportée à la mutualisation des actions. Des travaux de voiries ou d’aménagement urbain peuvent être l’occasion d’intervenir sur le réseau.

Exemple de mise en place d’un processus de gestion patrimoniale du réseau :

  • Phase de diagnostic
    • Collecte des données
    • Définition de la stratégie
    • Mise en place de l’organisation
    • Budgétisation
  • Mise en place des outils
    • Définition des objectifs
    • Système d’information
    • SIG (Cart@jour ©, ArcOpole ©, Editop ©, etc.)
    • modélisation hydraulique (EPANET ©, PICCOLO ©, PORTEAU ©, etc.)
    • aide à la décision et au renouvellement (SIROCO ©, PHARE ©, MOSARE et VISION © etc.)
    • Choix des indicateurs
  • Planification des taches
    • MAJ des données
    • Traitement et analyse des données
    • Planification et suivi des actions correctrices
    • Programmation du renouvellement

Par ailleurs, il est important de noter que les collectivités peuvent se doter d’un seul outil ou en combiner plusieurs suivant leurs besoins et leurs budgets.

Cet exemple de démarche de gestion patrimoniale est à envisager comme un cercle vertueux ou les taches réalisées laissent à nouveau la place à une phase de diagnostic.

Pour en savoir plus



L’OIEau organise une Régionale sur le thème de la Gestion patrimoniale des réseaux d’eau potable le 16 juin à Redon.

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